Droit d'ingérence
On parle beaucoup de droit d'ingérence quand une nation veut se mêler des affaires d'une autre. En général l'"une" est une puissance occidentale et l'"autre" un PVD.
D'où vient le terme ?
Guerre du Biafra, fin des années 60 (au nigéria). Crise humanitaire majeure, famine (création de MSF à cette occasion d'ailleurs). Les médias et l'opinion internationale se sentent concernés mais pas les chefs d'Etat. Les ONG disent alors que dans ces circonstances exceptionnelles, on peut s'asseoir sur la souveraineté des Etats.
79 : création de l'expression "droit d'ingérence" par JF Revel. D'autres attribuent la patrenité à Mario Bettatti (juriste). Kouchner a pas mal théorisé là dessus aussi. Elle sous entend quand meme un mandat international (ONU). On parle aussi de "devoir d'ingérence" dans certains cas (si l'ONU demande à un etat d'intervenir, il en a ce devoir).
On met souvent le mot "humanitaire" derrière, c'est plus joli.
Des exemples.
Le kurdistan irakien (91) est le premier exemple d'intervention s'appuyant sur ce concept : l'occident entre en irak proteger les kurdes persécutés.
On parle ensuite du kosovo, du rwanda, de la somalie (restore hope en 92), bosnie, liberia, sierra leone, albanie.
Par contre, c'est marrant mais on a pas encore vu les etasuniens entrer en tchetchenie protéger les populations des russes.
Les limites du droit
L'ONU aime pas bcp ce concept, qui entre parfois en contradiction avec ses principes (maintien de la paix). D'autant que la charte de l'ONU prévoit déjà des chapitres allant dans ce sens (VI et VII).
surtout, ca va pas bien avec le sacrosaint principe de souveraineté, qui fonde le droit international. Il faut aussi que tout le monde accepte ce droit.
Et n'oublions pas le côté ethique : le droit d'ingérence est il plus urgent dans les riches plaines pétrolifère d'Irak qu'en Angola ? et quid de la Palestine?
Par conséquent, le G77 (les pays les plus pauvres) a condamné en 90 ce "prétendu droit d'intervention humanitaire ". Il faut dire qu'ils s'étaient bien battus sur le principe de non-intervention.
Il y a aussi son côté médiatique qui peut lui etre reproché, souvent invoqué dans le feu des sentiments.